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12/09/06 : Quand l’immigration remplace l’insécurité Il y a parfois quelque chose de désespérant dans cette impression de déjà vu lorsque l’on se penche sur l’histoire et les actualités. La cruelle formule de Marx est plus que jamais pertinente. L’histoire se répète, mais la seconde fois en tant que farce. La course à la présidence de la France en 2007, lancée très tôt, est en train de s’accélérer et une seule chose saute aux yeux : on va une fois de plus encore passer à côté de l’essentiel.Allons-nous avoir droit à un débat d’idées, échapper au futile qui transforme la politique en entertainment concocté par les communicants de tout poil ? Peut-être en étant optimiste. Mais il m’est difficile de croire que l’on va enfin se focaliser sur l’essentiel. Croyez vous vraiment que vous allez avoir droit à des joutes intellectuelles, à des projets cohérents, pragmatiques et innovants sur la poursuite de la construction et de l’intégration européenne, la pacification de nombreuses zones du monde en proie à des conflits qui s’éternisent, les questions écologiques ? A une échelle plus nationale, êtes vous vraiment persuadé d’assister à la focalisation des énergies sur le défi du chômage endémique, la nécessaire adaptation aux défis de l’internalisation et de l’interpénétration des économies, la croissance continue du niveau de vie moyen, la résorption des inégalités, la réduction de la pauvreté, etc ? Si vous croyez cela, alors vous ne vous rendez pas compte du manège médiatique qui lentement mais sûrement impose un thème phare aussi sûrement qu’il l’a fait en 2002. Dans le sillage du remuant et fatigant ministre de l’intérieur, l’immigration est labellisée sujet principal de la campagne prenant ainsi la place occupée par la sécurité en 2002. La campagne sera sur l’immigration ou ne sera pas. Tout y concourt, les signes médiatiques sont patents et je ne fais pas vœu de prophète en l’annonçant. Allumez vos télés, écoutez les conversations, lisez les journaux. L’immigration est là, totem nouveau. Mais quel est donc le problème ? Entendons nous bien, l’immigration n’est pas un sujet négligeable, loin de moi l’idée de nier son importance comme enjeu de société. Ce que je dénonce, c’est l’instrumentalisation, clairement visible qui plus est, du sujet. Utiliser ce thème comme c’est le cas en ce moment, c’est faire le jeu des extrêmes, c’est évident. Dans la brèche, il n’y a pas seulement, Le Pen ou De villiers – qui croit sérieusement à une victoire finale de ces hommes ? -, il y a surtout des démons plus communs et plus pernicieux qui minent déjà la France et qui ne feront que se renforcer et pénétrer encore plus profondément les cerveaux. Je parle de la discrimination latente, la stigmatisation de populations, des schismes entre certaines parties du peuple français, des préjugés qui peuvent mener à des crises graves comme celle des banlieues ou dynamiter l’école républicaine et ses idées, ses ambitions, etc. Que ressort-il de tout le battage autour de cette question sinon des images, des idées pathétiques et négatives de l’immigration ? Il est dangereux de jouer avec une idée aussi explosive sans nuances, en étant uniquement dans le registre émotionnel – peu importe qu’il soit positif ou négatif. Elle a des ramifications insoupçonnées. Il faut l’aborder loin du pathos, du cas particulier, du témoignage, de la tension. Surtout, il faut souligner ce qui ne l’est jamais : l’illusoire idée d’immigration zéro, la déconnection permanente mais idiote de ce sujet avec la cruciale question du développement et celle de la réforme globale des règles économiques, les écueils des modèles d’intégration étrangers et les nôtres, les coûts onéreux de la lutte contre l’immigration clandestine et la place, le rôle, l’apport de cette immigration, etc. J’ai malheureusement bien peu d’espoir. Jamais on ne naviguera en de telles profondeurs… 29/11/2005: la France veut revisiter son passé colonial Peut-etre que certains l'ignorent encore, mais la France essaie de redorer son passé colonial a coup de lois a l'assemblee nationale. Elle aimerait que ses institutions, professeurs donnent une image plus positive de la colonisation. Peu importe le tollé que souleve ce genre d'entreprise chez ceux qui ont connu la colonisation et chez certains historiens. La France estime, par la voix d'une partie de sa classe politiqueque c'est ainsi qu'elle va regler un probleme profond qu elle n ose nommer vraiment: celui de l'integration de la frange - de plus en plus importante - de sa population immigree qui n'arrive plus a se reconnaitre en elle, n'arrive pas a se sentir partie intégrante de ce pays et prend donc parfois maladroitement appui sur ses origines et les fautes coloniales de la France pour exprimer sa frustration, sa colere - recemment, durant les crises en banlieue, elle est passee en masse a un mode d'action plus radical...En fait, la France devrait deja s'interroger sur la disparition, de ce sentiment d'appartenance a la France, ce sentiment de reconnaissance de la mere patrie qui ne touche pas ces populations plutot que de reveler son impuissance a faire face a une situation degradee et a l'absence de perspectives positives pour ces populations en generant simplement une loi pour transformer le passé. On se croirait revenu a une epoque detestable la-bas a l'est ou on pouvait retoucher la realite, l'arranger a coups d'oukazes. J'aimerais preciser que ces politiques ne sont pas isoles, car je me rappelle avoir vu quelquefois a la tele, entendu, lu ci et la quelque penseur ou historien parler de revisiter l'histoire de France et de retablir un peu l'equilibre au sujet de la colonisation. Quand ces derniers ne rappelaient pas ce que l'occident a apporte aux populations indigenes, le progres, etc, ils s'appuyaient sur des donnees chiffrees pour insister sur le fait que la colonisation, les empires coloniaux etaient un cout plus qu un gain pour les nations europeennes. Tres bien. Laissez-moi donc m'insurger un peu. D'abord sur ce que la colonisation a apporte aux populations locales. Je rappelle une regle simple commune a l'ensemble de l'humanite: ce que tu ne connais pas ne te manques pas. C'est limpide. Si ces peuples doivent une certaine reconnaissance a l'occident, on ne peut s'empecher de relativiser. Surtout qu'il faut preciser que les transferts de technologies n etaient qu'accidents ou conquetes. Je precise: le but de la colonisation n etait nullement d apporter la prosperite aux populations locales - exception de quelques emerites que nous saluons. Le progres qui a donc echu a ces peuples n etait pas le fait de la volonte du colon en tout cas au debut, et il faut rappeler que toutes les installations etaient destinees aux colons sur place ou dans l'intention d'exploitation du colonise et de sa terre. En plus quitte a parler d'equilibre est on sur de la balance lorsque l'on met ces progres en comparaison avec l esclavage, le travail force, l acculturation, les guerres, la dispariton de cultures traditionnelles et de coherences millenaires ? Il y a autre chose. Qu economiquement la colonisation ait plus coute que rapporte aux pays colonisateurs, soit. Mais l'economie etait elle la seule raison - la principale ? - de la colonisation ?Ne faisons pas semblant d'oublier qu'a l epoque, il y avait l'idee de grandeur de la nation, de l'empire, le prestige des conquetes, de la domination ( Leopold de Belgique et son empire combien de fois plus grand que son pays...) Tant qu on y est parlons de la mission civilisatrice qui est revenue a l'expansion culturelle des pays colonisateurs. N'oublions pas non plus l'utilisation des colonies comme lieu d expulsion des rebuts des societes europeennes. Je veux aussi pointer quelque chose qui semble echapper a certains. Si la mission civilisatrice etait vraiment l'objectif des pays colons (plutot que l'exploitation) pourquoi n'ont ils pas mis en place des structures reelles de developpement et d emancipation, des processus visant a amener les colonises a prendre leur place dans leur pays et a devenir de vrais partenaires. Pourquoi chaque avancee vers l'independance, le progres ont du etre arraches ? Pourquoi est-ce que ces grandes puissances ont-elles joue des roles destabilisateurs ensuite dans l'histoire de ces populations. Ne regardons pas le passe uniquement avec nos yeux d'aujourd'hui. A l'epoque les idees sur les inegalites des races etaient tres presentes et ce cher droit des peuples a disposer d eux meme - pas toujours d actualite d ailleurs -aurait ete considere comme une imbecilite en ce qui concerne ces bons indigenes. La France doit accepter son passe colonial, sans chercher a l edulcorer et trouver les parades a ses problemes avec l'immigration, le communautarisme latent, la ghettoisation ailleurs que dans ce type de lois. La colonisation est une periode honteuse de l'histoire que ne peuvent sauver ces personnes en occident, qui ont defendu de vraies idees progressistes des le debut et qui se sont battus honnetement pour le respect des peuples indigenes et pour leur apporter ce qu ils consideraient comme le meilleur de leur civilisation, sans recourir a la force. Qu'est ce qui pourra jamais faire oublier cette occasion unique de dialogue et d enrichissement mutuel qui a ete ratee ? Un monde parallele s'est evanoui, et il semblait bien plus prometteur. 10/11/2005: Banlieues en feu ou la mixité perdue Deux semaines de violences urbaines qui secouent la France et engendrent une couverture journalistique mondiale, des centaines de voitures brûlées, des écoles détruites, des blessés et même des morts, le tout dans une atmosphère surréaliste de chaos et d'enfer. Les bandes de jeunes des cités pris d'une hystérie colective se sont transformées en organisations anarchistes déchaînées, impossibles à contrôler malgré le déploiement massif de policiers. On en est arrivé à un point où l'état d'urgence, mesure absente du territoire français depuis 45 ans s'est imposée comme unique recours.Je ne reviendrai pas sur les éléments déclencheurs de cette crise que ce soit la mort déplorable de deux jeunes personnes ou les dérapages verbaux communico-politiques trop récurrents de Nicolas Sarkozy. L'essentiel est ailleurs. Il n'est pas dans la conduite immédiate à tenir face à cette guérilla urbaine - difficile de trouver qualification appropriée pour ces évènements. Je pense que le bon sens - et pas que lui - impose, cautionne l'usage de la force publique légitime dans le but de maintenir l'ordre public et de rétablir l'autorité de l'état et les intérêts généraux. Alors sur quoi s'attarder ? Sur les raisons de ces évènements. SAns vouloir simplifier à l'extrême, je les résumerai à une clé à plusieurs usages:la mixité. Le coeur de ce noeud gordien est l'absence de mixité. Pourtant l'histoire nous a donné des exemples de ce à quoi peut mener l'absence de mixité - cf les USA entre autres. Il y a en France, un manque cruel de mixité qui n'a fait que s'accroître au cours des dernières années. La disparition progressive de la mixité spatiale entre autres due aux différentes politiques de la ville - droite gauche même combat - a conduit à de véritables ghettos - pas d'autres noms - dont le couvert prétendumment social a aujourd'hui éclaté. Comment l'alibi social peut-il justifier la mise à l'écart d'une partie de la population ? Le drame est que cette absence de mixité spatiale s'est avérée être en même temps une absence de mixité des communautés étant donné que les populations les plus pauvres exilées vers les marges de la cité étaient souvent d'origine immigrées. On pêut par là rire de la crainte du communautarisme en France, dans la mesure où cette absence de mixité a de fait organisé, créé, favorisé - choisissez le verbe que vous préférez - le communautarisme, fermant une partie de la société à ces populations. Difficile de nier que cette exclusion spatiale a accentué des problèmes graves pour ces populations rejetées à la marge: chômage, pauvreté, illetrisme, assimilation. Il y a quelque chose du cercle vicieux dans tout cela lorsqu'on se rend compte en plus que cette mise à l'écart spatiale, les excluait par là-même de l'accès à certaines solutions à leurs problèmes. On peut aller plus loin et penser que symboliquement, cette mise à l'écart spatiale était une fin de non recevoir de ces populations dans le coeur du système et de la ville... Je martèle mon idée en poursuivant l'idée que l'absence de mixité spatiale et des communautés a entraîné une absence de mixité scolaire dont une conséquence logique est l'absence de mixité dans l'entreprise. Ce sont toujours les mêmes qui occupent certains postes et certains métiers n'est-ce pas...Le vigile du supermarché est forcément noir et le chef de service forcément blanc. On est à peine dans la caricature. Et que l'on ne vienne pas justifier cet état de fait seulement par le niveau de qualifications. Soyons clairs. Je ne suis pas en train de justifier les violences actuelles, des actes iniques que je rejette, qui n'ont rien à voir avec des revendications sociales et politiques organisées - même si celles-ci sont sous djacentes ou implicites, elles ne justifieraient rien par ailleurs. Je donne juste brièvement des explications à ce phénomène qui surrend tout le monde. La compréhension du phénomène ne m'empêche pas de réclamer l'usage de la force publique pour un retour à l'état normal qui doit être suivi de mesures appropriées et suivies pour régler en profondeur les problèmes révélés. Le rétablissement de l'autorité mais aussi une certaine idée de la république, de la justice et même de la nation dépendent de la gestion de l'après urgence. Ce sont des enjeux qui ne disparaîtront pas avec la refermeture du bouchon sur les ghettos de France. 29/10/2005: J'ai vu mourir Ben Barka A l'occasion de la sortie du film avec Charles Berling et l'inévitable cirque de la promotion, j'ai pu entendre une réflexion fugace mais ô combien pertinente de Mehdi Barka: "on peut se demander quel serait le visage de l'Afrique aujourd'hui si elle n'avait vu ses leaders potentiels décimés avec l'aide des puissances occidentales à l'aube des indépendances. Outre Ben Barka, citons, Patrice Lumumba, Sylvanus Olympio, etcLes grandes puissances coloniales, spécialement la France, ont une responsabilité certaine dans la situation actuelle de l'Afrique. Je ne suis pas de ceux qui pointent incessament le doigt vers l'extérieur pour dédouaner l'Afrique de ses propres responsabilités mais la lucidité impose une certaine vision. Le but n'est pas d'instrumentaliser une lecture du passé pour réclamer quelque réparation mais simplement de comprendre et évacuer ainsi certains discours peu odorants qui ne cessent de rabaisser ou d'insulter le continent noir. Les discours moralisateurs d'aujourd'hui tentent d'éclipser la vérité et nous rapprochent de mensonges d'état lorsque l'on entend certains parler des efforts vains de la promotion de la démocratie en Afrique. Rappelons que ces efforts ne sont que très récents - réellement depuis le début des années 90 et encore, il y aurait à redire... Ces efforts se sont d'ailleurs heurtés aux hommes de pouvoir mis en place par ceux là meme qui aujourd'hui s'en plaignent. Mais quels étaient les objectifs initiaux des colonisateurs quand les soleils des indépendances promettaient un avenir lumineux ? Pour beaucoup de pays, plusieurs logiques ont prévalu. D'abord celle de la guerre froide avec la politique de containment puis celle de roll back menées par les USA. Il fallait empêcher la jeune Afrique de virer au rouge avec le communisme. Plusieurs des dirigeants africains de l'époque semblaient effectivement tentés par le communisme - ce qui au passage n'augurait pas forcément de belles choses en termes de démocratie et de développement...C'est ainsi que les puissances occidentales ont financé les opposants, les renversements de pouvoirs dans plusieurs pays. Ensuite, il y avait la volonté de faire main basse sur certaines richesses naturelles du continent noir ou du moins de s'assurer de leur disponibilité à moindre coût et à tout instant. Je ne m'étendrai pas non plus sur les raisons géostratégiques - emplacemùent maritime, bases militaires, carrefour commercial, etc - qui ont aussi pu prévaloir. Enfin, et non la moindre des raisons, il y avait tout simplement chez certaines puissances - la france en particulier - la volonté de maintenir d'une certaine façon les pays africains dans leur giron. Il suffit simplement de penser à la notion de précarré français ou encore aux manipulations honteuses de jacques foccart, ou encore à certains propos du général de Gaulle. Certains parleront de real politik, mais il ne s'agissait ni plus, ni moins que de ne pas favoriser une indépendance défavorable aux intérêts de la France. Et celui des Africains ??? C'est au prix de ces raisons et de bien d'autres encore que des sanguinaires de la pire espèce, des analphabètes ont été aidés, portés au pouvoir, puis maintenus avant de devenir incontrôlables, fossoyeurs des destinées de leurs pays. Pas grand monde à l'époque ne se souciait de la nécessité de mise en place de processus démocratiques ou économiques nécessaires à ces pays. A cela il faut aussi ajouter que pendant très longtemps a prévalu cette étrange idée aux origines et aux sous-entendus peu gouteux que la démocratie n'était pas conforme à l'Afrique ou du moins pas telle quelle. Idée bien sûre reprise par les potentats locaux et malheureusement en partie acceptée et intégrée par les populations. Mais comment affirmer cela alors que peu d'expériences démocratiques avaient été tentées et sécurisées contre les déstabilisations externes et internes venant parfois de ceux là même qui critiquent ? On sait aujourd'hui à travers maint exemples que le saut démocratique est possible et ne requiert pas les siècles d'adaptation que l'on demande ou suppute pour les africains. Il suffit d'offrir une réeele possibilité aux populations. Et maintenant ? "Ce qui est passé est prologue" (william shakespeare) Il faut tirer les leçons de l'histoire si cela est possible et essayer d'échapper aux influences des grandes puissances ou mieux, jouer avec elles pour en tirer un mieux pour ces nations, les populations locales. Il faut se débarasser du legs douloureux et négatif de cette époque, c'est à dire tous ces dictateurs notoires, cette classe politique corrompue dont les mauvaises habitudes empêchent de rêver à quelque chose de positif pour leurs pays. Il faut arrêter de recevoir des leçons de ceux même qui nient leur part de responsabilité dans ce merdier, mais pour cela, il faut prendre conscience que le changement est possible et que c'est à chacun de le faire à son échelle. Il y a beaucoup de travail devant les africains. 10/07/05 : Al Qaeda est une idéologie Après New-York et Madrid, voici le monde occidental frappé encore de plein fouet par le terrorisme islamique sur ses propres terres avec cette série d’attentats coordonnés dans le métro Londonnien. Ceci suscite chez moi comme chez beaucoup, une envie de réagir que je dois canaliser, surtout en raison de la multitude de pensées qui m’agitent. La première réaction que je rédige concerne les coupables de cette horreur. Al Qaeda. Ca y est, voici que le nom a été lâché et qu’il se répand comme un virus dans la sphère médiatique. Voici l’ennemi, le responsable. Il en faut un et vite évidemment. Al Qaeda. Toujours, tout le temps.Comment se fait-il que l’on glose autour de tant de tables mises sous les projecteurs sans réussir à dire la vérité aux gens. Al Qaeda est devenue une idéologie plus qu’une organisation. Evoquer Al Qaeda aujourd’hui en termes d’organisation est obsolète. Non pas que le groupe de Ben Laden soit dissous, mais il faut le ramener à sa juste place et proportion, l’organisation symbole qui a révélé au monde la face obscure du terrorisme islamiste avec le 11/09. Aujourd’hui, n’importe quel groupuscule qui veut monter et réussit des attentats évoque Al Qaeda et se lie à cette organisation, simplement en vertu du symbole. C’est en cela qu’Al Qaeda est devenue une idéologie. C’est le nouveau défi du monde occidental. Pascal Bruckner posait dans sa mélancolie démocratique, la nécessité d’un nouvel ennemi après la victoire contre le communisme. Le voici. Le problème est de reconnaître cet ennemi en tant que ce qu’il est, une idéologie à combattre donc en tant que telle. Evidemment, il est bien plus facile de s’attaquer à une organisation ou à un pays, mais nous savons tous combien périlleux et ardu il est de lutter contre une idéologie. C’est pour cela qu’il reste commode pour les états de se référer à Al Qaeda comme une organisation nébuleuse. La vérité est trop pénible comme toujours. Si demain, je décide de poser une bombe, et que je laisse un mot d’allégeance à Al qaeda, comment va t-on me placer sur l’organigramme de l’organisation ? Il faut cesser d’être obsédé par Al qaea. Tout en cherchant à éliminer cette organisation et tous les groupuscules de la sorte ? Il est surtout temps de prendre la mesure de son adversaire et de l’attaquer à ses racines. Il ne suffit pas de faire la guerre pour en venir à bout d’une idée. L’occident doit lui opposer d’autres idées aussi - ses valeurs de lumières que tant ont admiré par le monde. Avec fermeté. 06/07/2005 : Halte à la gabégie ! Vous aimez les jeux olympiques, cette grande fête du sport et de l’esprit de fraternité ? Moi aussi. Mais plus pour longtemps. A cause de quoi ? De l’argent bien sûr. Et je vous entends déjà râler, pas encore le sport business ! O non, cela fait longtemps que je tais mes critiques contre le sport business inéluctable logique du sport spectacle. Je suis trop conditionné et dépendant de ce divertissement pour cela. Non, ce qui me fait enrager concernant ces jeux olympiques, c’est cette facture estimée à 40 millions d’euros pour Paris 2012. 40 millions d’euros ! Pour la candidature seulement ! Voilà le scandale. Que cette somme et bien plus passe dans les jeux, dans leur organisation ainsi que dans les transformations de la ville d’accueil, passe encore, mais seulement dans une candidature, nous sommes dans l’irrationnel. La preuve, que reste t-il de ces 40 millions maintenant que Paris a perdu les jeux ? Rien, envolées les petites coupures et tous les signes rappelant la candidature. Est-il bien raisonnable que de pareilles sommes soient mises en jeu seulement pour une candidature ? Pensons au cumul avec les trois autres villes perdantes. Ou et quand le comité olympique a t-il perdu le sens des mesures et de la réalité pour en arriver à cette indécence ? Je ne suis pas un esprit chagrin, à la limite, il aurait mieux valu utiliser le double ou pourquoi pas le triple de cet argent pour faire sortir de terre la plupart – ou quelques-uns - des projets de constructions sportives, d’améliorations urbaines simplement imaginés, mis en valeur par cette candidature. Qu’a gagné l’olympisme, qu’a gagné le sport, qu’a gagné le spectacle de toutes ces sommes ? Rien. Et nous ? Seulement des espoirs déçus, une insupportable invasion médiatique. Les membres du CIO ? Allez leur demander.02/05/05 : l’élection du nouveau pape Avec un peu de retard, je réagis à l’élection du nouveau pape, l’Allemand Joseph Ratzinger, désormais Benoit XVI. Le moins que l’on puisse dire est qu’il a eu droit à une élection médiatisée, mais aussi à un acceuil relativement controversé. Pourquoi ? D’abord en raison de son âge. Il est vrai que 78 ans, c’est un peu vieux, et que l’espérance de vie de ce pape, même placée sous les auspices divins, laisse planer la menace d’un bref pontificat. Mais en quoi est-ce donc un problème ? Pour l’action, pour les réformes pardi ! Et c’est là que je me permets quelques remarques rapides. Un, nul besoin d’une longévité extrême pour réformer l’église. La mise en place d’un concile et l’adoption de mesures ne demandent pas vingt ans. Et surtout deux, je ne vois pas ce qui garantit qu’un jeune pape aurait été plus actif et certain dans les réformes jugées nécessaires. Dans tout ceci, il est plus affaire de convictions, de pouvoir et de relations que d’âge.Mais justement, s’agissant de convictions, voici que l’on agite le drapeau du conservatisme. Le problème est que Benoît XVI est conservateur et donc susceptible de ne pas engager les réformes, d’être seulement dans la continuité de feu Karol Wojtyla alias Jean-Peaul II. Ce n’est pas grave entends-je dire parfois car Benoît XVI n’est justement qu’un pape de transition. D’accord, très bien, quelle transition, transition vers quoi ? Quelle église en vue ? Quels projets ? Parce que l’évolution de l’église n’est pas aussi évidente et limpide, facile à déterminer, ainsi que les signaux médiatiques semblent vouloir nous en persuader. De quoi s’agit-il pour Benoît XVI ? Un aggiornamento qui moderniserait l’église, statuerait sur toutes les questions dites épineuses ? Mais la valeur de l’église ne tient-elle pas à une certaine atemporalité, à une certaine opposition avec une modernité galopante et incontrôlable dont elle est parfois le contrepoids ? Il ne s’agit pas simplement de réformer à tout va pour embrasser son temps et un public que l’on sait bien volatil, l’église doit aussi veiller à conserver une logique propre et surtout de ne pas entrer en cotradiction avec elle-même sous le prétexte d’adhérer à son temps. Pourquoi devrait-elle d’ailleurs adhérer à son temps ? (Vous y adhérez complètement vous ?) Mais elle doit y adhérer parce qu’elle perd des fidèles, et que c’est le seul moyen de se réconcilier avec ses fidèles, d’en retrouver ! Je doute de cet argument. Justement, l’église est partagée parce que cet aggiornamento appelé de tous ses vœux par une part conséquente de la population occidentale ne l’est pas forcément par les populations d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Bien au contraire, ces dernières s’attachent souvent à une église qui justement s’oppose -un peu comme eux- à une certaine modernité et reste solide sur ses bases, ses fondamentaux, ses positions traditionnelles sur de nombreux sujets (avortement, homosexualité…) C’est pourquoi l’appel à un pape latino ou africain n’était pas toujours fait en connaissance de cause. Le dilemme de l’église est que les populations extra européennes constituent aujourd’hui la grande masse des chrétiens, et une masse dynamique, un terrain fertile. Alors doit-elle suivre l’Occident en opposition à eux, en tenant simplmement compte du fait que ce continent a été le lieu de sa première expansion ? L’église n’appartient-elle pas simplement à ceux qui prient – une majorité extra occidentale donc ? - Les mondes colonisés croient plus à ce cadeau que les occidentaux eux-même désormais. Un dernier point peu évoqué est que l’église ne peut se permettre de choquer et donc de perdre ses fidèles extra occidentaux parce qu’elle est menacée par deux concurrents avides et dynamiques, l’islam et les courants évangéliques. Ils se propagent à une vitesse incroyable et grignotent chaque jour un peu plus sur l’église sur tous les continents. Le vatican – pas la religion – est une institution politique et économique qui se doit pour sa pérennité et pour ses affaires de sans cesse lutter pour conserver et accroître son nombre de fidèles et de ressources donc. Alors la seule et vraie question légitime pour elle est de savoir comment garantir sa pérennité notamment face à ses sœurs ennemies - nourries au fanatisme ou au positivisme, à l’ésotérisme – et à l’athéisme – nourri à la modernité. 28/03/05 : Le référendum pour la constitution européenne La fatalité a t-elle un sens en politique ? Il faudrait le demander aux partisans du OUI à la constitution européenne qui la servent à la population comme l’argument ultime contre les doutes. Ecoutons les agiter les spectres des démons anciens ou de cataclysmes en cas de majorité du NON. Ridicule ? Non, pathétique. Entendons bien que le but n’est pas de professer allégeance aux partisans du non ou de défendre cette position. Il s’agit ici de montrer simplement par l’intermédiaire de la question du référendum comment on peut vider la démocratie de son sens et de son contenu.Soyons d’abord heureux qu’une question de première importance comme la constitution soit proposée au public en France et non votée en catimini ou en sûreté par les deux chambres. Avec tout le respect que je dois à ceux qui ont fait ce choix dans d’autres pays et à ceux qui ont une foi insubmersible en la représentativité, si l’on ne soumet pas une telle question à la population au nom de la frilosité, quand et sur quoi l’interrogera t-on ? La démocratie doit faire attention à ne pas s’affranchir de la vox populi qui si elle n’est vox dei, n’est pas quantité négligeable ou uniquement récriminations puériles et insensées. Maintenant, une fois le référendum mis en place, il faut accepter la possibilité d’une victoire du NON et chercher à la comprendre. Pour répondre à des arguments ineptes, précisons qu’une victoire du NON, n’est pas forcément un refus de l’Europe et de sa construction mais avant tout un refus de cette constitution et de l’Europe qu’elle propose. Le NON peut même être motivé par un attachement profond à l’Europe, à une vision de l’Europe. Ensuite, une victoire du NON, n’est pas un cataclysme qui va conduire à l’éclatement de l’Europe, mais certainement un choc profond que les politiciens et les membres de la commission doivent méditer pour une remise en question et un remodelage de leur projet. Si ces derniers croient en l’inéluctabilité de ce projet, c’est qu’ils montrent un visage obtus, excessivement confiant et surtout méprisant envers leur population. Un visage qui cache peut-être leur for intérieur dubitatif sur leur capacité à proposer autre chose ou à écouter (dans quel cas la porte svp) L’attitude des partisans des deux camps nous montre surtout une volonté légitime de convaincre, mais basée sur des opinions et des croyances. Où sont les arguments, les démonstrations, les explications, bref le vrai débat, pas ce coulis superficiel que constitue chaque intervention, chaque réponse à une question, de tous les politiques. Et que l’on n’essaie pas de me faire gober que rentrer dans les détails serait trop technique et tout le toutim. Le public n’attend que ça plutôt que de s’entendre répéter qu’il devrait lire au moins le résumé de la constitution (même si cela est vrai) Peu de discours ont effectivement porté sur le contenu de la constitution et les médias se montrent généralement complices de cette incurie auprès des politiques. Le texte et le texte dans tout ça ai-je envie de hurler. Que l’on ne se plaigne pas après d’être dans une démocratie d’opinion, si on n’a que des opinions à balancer à tout va à ceux qui en demandent incontestablement plus. OUI ou NON, je ne sais pas, mais la fatalité n’a rien à voir avec ces deux options, sauf s’il en est décidé ainsi. Alors des arguments s’il vous plaît, surtout si vous ne voulez pas abandonner le terrain aux marchands d’émotions, parce qu’à ce jeu le plus fort n’est que trop souvent la peur, la crainte. Rarement l’espoir. 05/02/05 : La mort d’Eyadema Je l’ai bêtement appris alors que je zappais entre les différents journaux télévisés du soir. Gnassimgbé Eyadema est mort. Ca a duré quelques secondes, le temps de voir une image de ce géant noir en visite a Paris, des images sobres, empreintes de respectabilité. Je me demande bien à combien de gens ce nom évoque quelque chose. Heureusement que la présentatrice a précisé que c’était le président du Togo.Avec la mort d’Eyadema, c’est une page de l’histoire du Togo et de toute l’Afrique de l’ouest qui se tourne. Cet homme est l’un des symboles de la désillusion qui a suivi l’époque riche d’espoirs des indépendances de l’Afrique noire. Il est un de ceux qui ont enterré toutes les perspectives de développement, de démocratie dans cette partie du monde. Son nom est simplement à placer aux côtés des tristement célèbres tyrans Mobutu, Bokassa et autres, même si sa renommée est moindre. Obscur officier dans l’armée togolaise, il est arrivé au pouvoir à l’issue d’un coup d’état et du meurtre du président Olympio. Il a ensuite installé un système qui dure depuis plus d’une trentaine d’années. Système qui a assimilé la politique au sang et à la répression, et instauré le népotisme, le clientélisme, la prédation, l’appropriation avide et vorace des ressources de l’état comme règles de base. Alors, peut-être devons nous nous réjouir de l’annonce du décès de ce despote sanguinaire ? Rien n’est moins sûr, et pas seulement parce qu’il s’agit de la mort d’un homme. Le problème est que la mort de ce dictateur laisse place à une vacance du pouvoir qui ne peut que nous laisser dans l’inquiétude autant que dans l’expectative. Ceux qui pensent à une période de transition démocratique sont des optimistes que j’aimerais rejoindre, mais les exemples de la Côte d’ivoire, de la république du Congo entre autres sont là pour nous ramener à la mesure. Le risque est grand pour que survienne le chaos ou la perpétuation d’un système inadmissible. Je ne suis pas de ceux qui voient en ce genre de tyrans un facteur de stabilité et ainsi justifient leur maintien au pouvoir. En fait, ils ne font qu’ajourner ou éviter la nécessaire confrontation des africains aux possibilités d’acquisitions des mentalités démocratiques. A quoi sert-il de remettre le mal à plus tard ? Rien ne justifie la tolérance face à ce genre d’arguments. Ce type de tyran ne cesse de croire à son immortalité. Il en résulte évidemment une impossibilité réelle de penser et de préparer efficacement leur après-règne. De toutes façons, quand ils n’essayent pas d’installer une dynastie, ils ne sont de fait d’aucune utilité pour une éventuelle préparation à la démocratie. Au contraire, leur disparition laisse le champ libre à des oppositions d’héritiers, d’assoiffés du pouvoir, qui n’ont aucun scrupule à mettre le pays à feu et à sang. Voilà ce qui est à craindre au Togo, même si nos espoirs vont bien évidemment dans le sens contraire. A cela, il faut ajouter l’immense regret de l’impunité des personnes de l’espèce de monsieur Eyadema. A ceux qui croient à l’enfer, à la justice divine, à la réincarnation, je montre du respect, cependant il eut été préférable que Gnassimgbé Eyadema puisse être jugé, condamné pour tous ces crimes, que ce soit devant les tribunaux internationaux, mais de préférence devant des tribunaux africains et togolais. Que tous les autres apprentis dictateurs sachent que le temps ne leur achètera jamais la respectabilité ou l’oubli de leurs atrocités parmi lesquels, l’enfoncement du continent noir dans l’abîme n’est pas le moindre. 02/02/05 : Visite de Jacques Chirac au Sénégal Il y a des jours où je devrais éviter d’allumer ma télé, de lire un journal, de me tenir informé, ce serait indiqué pour ma tension. Malheureusement, je n’en fait rien, intoxiqué des médias. C’est ainsi que je n’ai pu échapper à l’événement du jour : la visite de Jacques Chirac au Sénégal. Dix ans que ce n’était pas arrivé, c’est à dire approximativement depuis le début du mandat du président de la république française. Il se serait rendu sur les lieux pour défendre sa taxe internationale censée venir en aide aux pays pauvres et sans doute, accessoirement, voir les miracles que doivent avoir produits l’aide conséquente de la France à ce pays – aujourd’hui, le fief du précarré compte tenu de la crise en Côte d’Ivoire. Alors qu’y a t-il de scandaleux, de nature à provoquer mon ire ? Ma colère ne concerne nullement le projet peut-être émérite - dont la viabilité reste cependant à prouver - du président. Non, ce qui m’irrite profondément ce sont les images qui accompagnent ce voyage. Quoi vous n’avez pas vu le président Chirac arriver à Dakar ? Que dire de cet accueil princier ? Il a été reçu comme un sauveur avec des honneurs pharaoniques. Il fallait le voir jubiler au milieu de ce qui devait être le gotha du Sénégal et plus encore lors de sa promenade en compagnie du président sénégalais Abdoulaye Wade. Une berline décapotable a permis au président français de prendre un bain de foule certainement revigorant, compte tenu de l’hiver et du climat politique tous les deux rigoureux. Rien de tel pour se refaire une santé que cette foule noire en haillons, pittoresque, massée sur le bord de la route. Applaudissements, acclamations, danses, chants traditionnels ou innovants à la gloire du président français, tout y était. On se serait cru revenu à la bonne vieille époque du colonialisme. Du noir et blanc, des grésillements, une voix nasillarde et la mystification passerait. Comment se fait-il que spectacle aussi affligeant puisse se reproduire encore ? La faute aux dirigeants africains évidemment. Car ce sont bien eux qui se croient encore obligés de livrer des mises en scène aussi ridicules chaque fois qu’ils reçoivent leurs homologues. Ces sont effectivement eux qui exigent ces rassemblements fiévreux et joyeux en l’honneur de leur invité d’honneur. Et croyez-moi, ils ont les moyens de propagande et de répression nécessaires pour que tout soit plus vrai que nature. Comment ces dirigeants peuvent-ils encore penser que tout ceci est honorable de leur part et gratifiant pour eux, éventuellement pour leur pays ? Même si l’aide de ces pays leur est indispensable, dans la plupart des cas plus pour la survie de systèmes corrompus, de véritables mafias rapaces d’aides étatiques que pour de véritables politiques de développement. Ont-ils jamais été reçus en pareille pompe en France ou ailleurs ? Ont-ils déjà vu des rassemblements de blancs, de français enthousiastes venir les accueillir à l’aéroport, hurler leurs noms jusqu’à extinction de voix ? Se rendent-ils vraiment compte de l’image qu’ils renvoient ? Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit. Ces images pathétiques ne révèlent que le visage de la servilité du continent noir, de son extrême dépendance, de son total dénuement, du chômage endémique de sa population. Vous vous voyez vous en train de quitter votre travail pour aller acclamer serait-ce le président des Etats-Unis ? Il n’y a rien de glorieux dans cet accueil, soyons clair, seulement quelque chose d’extrêmement triste, le visage désespérant d’un malade qui s’efforcerait de sourire pour faire illusion. Les relations Nord-Sud, dans ce cadre là, doivent apparaître sous leur vrai jour, un rapport de force entre un bodybuildé et un enfant famélique. Et tout ceci serait encore supportable sans les commentaires des reporters qui couvrent ces évènements. Je vous prierai de vous émouvoir devant ce spectacle vrai, entier, qui exalte le caractère foncièrement bon, accueillant, chaleureux de ces africains dont la France reste évidemment le meilleur ami. Ah, ces africains ! Le mythe du bon sauvage n’est jamais loin, et le discours toujours infantilisant. Impossible de réprimer une expression de dégoût devant cette cuillère de bons sentiments qui cache mal l’amertume d’une réalité malheureuse. |
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