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Sagan, Francoise
Un profil perdu (#)
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Au moment où son idylle avec Alan un riche héritier américain vire au cauchemar en raison de la jalousie pathologique de ce dernier, Josée Ash, belle jeune femme, est sauvée du naufrage par Julius Cram, un puissant financier rencontré lors d’une soirée mondaine. Julius va être un ami pour Josée, un protecteur, le maître artisan d’un douillet cocon autour d’elle. Mais comment accepter tout ça d’un homme sans paraître pour ce qu’elle n’est pas aux yeux de la bonne société parisienne ? Que veut Julius au juste sachant que Josée n’éprouve aucune attraction pour lui ? Comment va-t-il réagir lorsque l’amour va frapper de nouveau à la porte de Josée ? Il y a du Françoise Sagan dans ce livre, du titre à l’univers du milieu parisien très aisé en passant par les personnages un peu unidimensionnels mais tellement purs et chargés de sentiments par cette écriture claire, au souffle rapide et à la fraîcheur pas toujours innocente. Pourtant la mécanique n’est pas parfaite, et on n’est pas loin de grincer des dents devant une œuvre qui inspire un jugement très mitigé. D’abord, il n’y a pas de réelle surprise dans la trame, tout est prévisible puisque l’on sait pertinemment ce que veut Julius et ce qu’il peut faire pour l’avoir. C’est sans doute de là que proviennent ces impressions de longueurs, comme si le livre s’étirait trop. Ensuite, brusquement, avec la seconde apparition du personnage de Louis, commence la nouvelle idylle de Josée. Le changement est si brutal, l’enchaînement des évènements si rapide, si évident qu’on ne peut que rester dubitatif, incrédule. Cette cassure de rythme et cette histoire d’amour qui n’arrive pas à convaincre de son naturel laissent une mauvaise impression de Françoise Sagan, en très petite forme. Un peu faible.
Aimez vous Brahms ? (++)
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Paule et Roger ont une relation libre, couple ultra-moderne durant des années placées sous la chape de la morale bourgeoise. Chacun peut avoir le partenaire qu'il veut sans que cela n'entrave leur amour. C'est ce qu'ils veulent faire croire, seulement Roger est le seul qui profite de cette règle. Alors avec le temps qui passe, Paule commence à se sentir seule, de plus en plus vieille, souvent abandonnée. Elle commence à être fatiguée de cette relation hors des sentiers battus, lasse de toujours attendre cet homme. C'est le moment ideal pour l'apparition de Simon, jeune homme dilettante, fils d'une cliente fortunée de Paule, qui s'éprend follement de cette dernière. Ce jeune passionné fait fi de la différence d'âge, de condition et entraîne Paule dans une histoire dans laquelle elle se sent rajeunir, revivre, placée au centre de toute l'attention, de toute la vie du jeune homme. Mais tout cela n'est-il pas juste une réminescence de la jeunesse ? Une fugue loin de ce qui apparait comme son destin, mais aussi son choix, c'est à dire Roger ? N'est ce pas simplement une façon de montrer à Roger qu'elle a besoin de lui autrement, dans une autre relation ? Que les choses doivent changer ? Et peut-elle vraiment oublier la différence d'âge avec simon ? Il y a dans ce livre, ce ton frais, ce style simple et direct de l'auteur qui donne une certaine innocence, un regard jeune, mélancolique et quelque part torturé sur les thèmes de l'amour, du temps qui passe, du couple. Francoise Sagan traite de l'amour juvénile fou, de l'amour libre, de la jalousie, de l'amour malgré les différences avec une spontanéité plaisante. Elle parle aussi de solitude pour chacun de ses personnages qui mettent pourtant l'amour au coeur de leurs existences. C'est peut-etre ça le petit miracle du livre alors que la tentation de la bluette sans intérêt et de l'eau de rose rôdait: montrer le lien étroit entre l'amour et la solitude de manière simple. Il y a aussi cette magie du titre et un bon final, des personnages envahis par leurs sentiments et une ambiance légère qui enrobe des assauts de profonde lucidité ainsi que des questionnements existentiels qui ont la force de la jeunesse. Facile et simple mais bon.
Bonjour tristesse (++)
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Je me suis enfin décidé à lire bonjour tristesse après moult tergiversations et je comprends désormais le succès jamais démenti de ce livre. Il y a quelque chose de frais, de jeune dans la façon dont l'auteur écrit, quelque chose qui nous dit immédiatement l'adolescence, la vitalité, la légèreté. Surtout, il y a le charmant petit monstre derrière le livre et dans le personnage principal - selon la formule consacrée de Francois Mauriac. Cécile, la jeune héroine restitue parfaitement cette période de l'adolescence pleine de doutes, au moment où l'on prend conscience de soi, de la vie, sauf qu'elle y ajoute encore plus d'évanescence, d'égoïsme et une cruauté presqu'involontaire due au fait qu'elle voit menacé d'effondrement un univers qui lui apparait comme sa seule bouée de sauvetage dans cette période folle de l'existence. En effet, elle vit avec son père une relation fusionnelle et festive que vient modifier une dame qu'elle admire par ailleurs. Cette amie de la famille représente un modèle de personne bourgeoise de cette époque que Cecile veut exploser par peur, auquel elle veut échapper par une vie insouciante, folle, légère - propre à rendre fous les personnages de Francois Mauriac...Toute cette rage de vivre, de se libérer va culminer dans un évènement tragique, laissant derrière elle, des volutes de mélancolie, de nostalgie. Le temps qui passe, la tempête qui s'éteint dans le coeur, l'âge adulte qui pointe. Francoise Sagan dynamite les moeurs dominantes de son époque - années cinquante - et sa morale bourgeoise du labeur, de la vie tranquille et maritale, de l'éducation sévère et tout un toutim déja en sursis avec dans son horizon proche le cataclysme de mai 68. Le souffle de l'auteur et de son personnage apportent aussi un peu du vent, de l'ambiance et du décor estivaux pour parachever un sympathique ouvrage.
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