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Peace, David
1977 (++++)
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1977. Back to the Yorkshire, le nord de l’angleterre. Jack l’éventreur est apparemment de retour une centaine d’années plus tard. Une série de meurtres atroces sont effectivement commis contre des prostituées dans cette région. Coups de marteau sur la tête, viscères amenés à l’air libre, sévices sexuels, et rituels macabres: l’horreur met les personnages du livre sur les dents. Personnages secondaires dans 1974 le premier volet de cette tétralogie, Jack Whitehead, journaliste en charge des affaires criminelles pour le post et l’inspecteur Bob Fraser mènent l’enquête à leur façon. Inspiré d’une série de meurtres ayant réellement eu lieu dans cette région de l’Angleterre en 1977, le livre est d’une noirceur implacable, d’une violence asphyxiante, dur, brut et cru. Dans ce décor de monde en décrépitude, pluie noire et drue, bars miteux, chambres puantes, rues mal fréquentées et zones de misère sociale, la traque au tueur s’organise tant bien que mal. Mais il n’est pas vraiment question ici d’un thriller ou d'une banale enquête de police. David Peace ne divertit pas ses lecteurs, il les secoue, les agrippe aux tripes et les enfonce dans la déchéance physique, morale et sociale de ses personnages et de leur univers. Jusqu’au dégoût. Progressivement, on découvre un lieu de corruption et de violence, de dissimulation et de complicités malfaisantes, dans lequel sont jetés en pâture des personnages rongés par leurs démons - alcool, sexe, argent, pouvoir. Personne n’est celui qu’il paraît. Derrière les façades, les trafics, les bas instincts, les combines, les règlements de compte, les injustices, les vies qui s’enfoncent dans l’alcool, dans le vide, dans le sang, dans le sexe et la haine. Personne n’est innocent. La police, les médias, les prostituées, les journalistes, tout le monde semble quelque part gangrené par des affaires de mœurs ou des crimes. Les pages tournent, l’éventreur sévit, et chacun se noie, toujours plus profond dans l'abîme, sans aucun espoir, alors que les cœurs fatigués hurlent à la demande d’amour, d’espoir, de lumière. Mais il ne reste plus que la solitude, que les corps avides, les consciences malades et le noir. Partout. Très fort.
1974 (++++)
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1974, le yorkshire, le nord de l’angleterre. Alors que noël approche, la petite Clare Kempay est enlevée. Elle sera retrouvée morte et mutilée quelques jours plus tard. Y a-t-il un lien entre sa mort et celle de deux autres filles disparues, Susanne Ridtay et Jeanette Garland ? C’est ce que pense Edward Dunford, jeune journaliste qui voit dans cette affaire l'occasion de lancer et propulser sa carrière. Mais dans le Yorkshire en cette sombre période de déconfiture économique et sociale, se joue bien plus qu’une simple histoire de pédophilie pour de nombreuses personnalités de la ville. C'est ce qu'Edward Dunford va apprendre à ses dépens. L’univers décrit par David Peace est glauque, noir, maussade et poisseux. L'ambiance est délétère et le climat est à la suspiscion et à la dépravation: un monde tombe en lambeaux, l'Angleterre de la fin des trente glorieuses, et ce n'est pas beau à voir. Au fur et à mesure qu’Edward Dunford progresse dans son enquête, se lève un coin du voile sur ce qui se trame dans le yorkshire. Au fil des pages, le livre devient plus dur, plus sanglant, plus violent et la mécanique d'écrasement et de dénudement des personnages plus impitoyable. Les esthètes de la violence et des sentiments peuvent aller voir ailleurs, car chez David Peace, place est faite à la crudité, à la rugosité et à la brutalité des faits et de la langue. Edward Dunford avance péniblement dans son enquête et s’embourbe dans une merde monumentale. L’assassinat de Clare Kempay est une des portes qui ouvre sur l’enfer d’une région gangrenée par la soif de pouvoir et d’argent de quelques hommes, puissants bien entendus. Le népotisme, la vengeance, la manipulation, la dépravation, les traîtrises, l’ambition, la bassesse se mêlent pour former un nœud inextricable, effrayant et dangereux pour qui s'en approche de trop près. David Peace est sans pitié aucune pour cette région de l'Angleterre et pour son personnage qu’il enfonce avec minutie, toujours plus bas, dans les ténèbres. Le décor est miteux, les personnages pathétiques, en perdition, désillusionnés, les mains sont sales, les cœurs fatigués et impurs, les actes noirs, corrompus, les histoires abjectes et violentes. Même la langue de David Peace, son écriture porte toute cette crasse, tout ce noir qu'il décrit. Elle ne laisse aucune échappatoire dans cette atmosphère putride. Dans le yorkshire, dans la tête d’Edward Dunford, aucune lumière au bout du tunnel. Dur, noir et réussi.
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