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Jauffret, Régis
Asile de fous (#)
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Au début, on pourrait croire à l’histoire d’une rupture plutôt originale. Damien qui décide de se séparer de Gisèle, envoie son père le faire à sa place. Seulement voilà, il s’avère progressivement que cette rupture n’est que la porte d’entrée dans une famille réellement folle. La rupture est utilisée comme prétexte pour laisser les différentes voix de cette famille dérangée s’exprimer. Tour à tour, se succèdent Joseph le père, Solange la mère, puis Damien le fils. Un trio qui semble avoir pourri dans l’aisance et l’ennui, dans leur néfaste promiscuité pour se transformer en monstres peu ragoûtants qui se délectent du malheur, du cynisme sous le couvert de la lucidité. Entre le père oisif, la mère hystérique, paranoïaque et le fils alcoolique, homosexuel refoulé, la galerie de portraits est à ne pas dévoiler entièrement, car au centre du livre. Et Gisèle qui s’est trouvée piégée dans les méandres de ce trio infernal de subir leur jeu pervers centré sur cette rupture qui est pour elle une grande douleur. Il y a beaucoup de noirceur autour des personnages mais le trait est trop tiré et l’exagération pointe. Le même reproche pointe à propos du style de l’auteur. Il s’empare avec énergie de ses personnages, donnant un souffle vivant au livre à travers leurs voix mais tout cela semble vraiment très artificiel, surfait, comme le déroulé de l’histoire. Le tout est trop irréel malheureusement. Il est très facile de se lasser de la situation de départ, la rupture qui sert de trame au descriptif de toute cette folie et sur laquelle le livre s’appuie comme il peut. Le plaisir que l’auteur a eu à créer de tels personnages, à les laisser s’exprimer, dériver peut-être compris, mais pour le lecteur cette famille au-delà d’une certaine surprise provoquée par leur folie est risible d’un certain point de vue et au détour d’une phrase, on s’échappe loin de cette folie qui n’arrive pas réellement à nous révulser, à nous bouleverser ou à nous contaminer. Prix fémina paraît-il…
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