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France, Anatole
La révolte des anges (+)
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La révolte des anges est un livre qui a un peu vieilli dans le fond. Les anges se révoltent sous la férule de Satan pour prendre les cieux à un Dieu affublé de tous les maux et responsable de biens des malheurs terrestres. On sent le poids de l’époque à laquelle le livre a été écrit. Ses combats transpirent dans tout le livre. C’est la fin du dix-neuvième siècle si pétri des idées de progrès, en lutte contre le christianisme et le pouvoir séculier de l’église et ses préjugés, en proie au démon du nationalisme et de la xénophobie antisémite, à l’aube de la grande boucherie de 1914. Le livre demeure cependant d’un certain divertissement si l’on écarte un certain simplisme et la très convenue morale de fin parce qu’il est plutôt réussi dans la forme. L’intrigue est bien menée, bien construite, efficace et surtout le style d’Anatole France est irrésistible. Drôle, ironique, moqueur, il percute au détour d’une phrase, d’une situation et sait tenir le lecteur auprès de l’histoire, des personnages, dans une connivence agréable et rieuse.
Les dieux ont soif (++)
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Evariste Gamelin, jeune peintre sous la convention, accède à un poste dans le tribunal révolutionnaire. Dévoré par une ferveur excessive, il perd le sens de la mesure et au nom d’un idéal supérieur, de la république, envoie à l’échafaud des centaines de personnes. Il n’y a pas de place pour le doute dans un esprit de plus en plus embué dans une logique religieuse et folle. Son ami Brotteaux, sa bienfaitrice La rochemaure, son beau-frère De chassange, y passeront, comme des innocents dont l’un n’aura comme seul crime que d’être suspecté d’une aventure antérieure avec Elodie, l’amie de Gamelin. Le destin de Gamelin sera celui de son modèle, l’incorruptible Maximilien Robespierre. Ce roman historique souffre d’un démarrage un peu poussif, et d’un manque relatif d’énergie qui n’enlève rien à sa profondeur. Avec Gamelin, France touche au plus profond de la folie de la terreur, cette soif sanguinaire qui a entaché les idéaux les plus purs. La mécanique délirante est d’une limpidité atroce dans ce récit. Les personnages réussis de France y succombent dans un tragique absurde. La fin n’avait pas encore fini de justifier les moyens atroces et la valeur de l’homme de pencher vers le zéro plutôt que vers l’infini.
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