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Cossé, Laurence
Le 31 du mois d’août (#)
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La princesse de Galles, Lady Diana est morte un 31 août à Paris, sa voiture est allée s’écraser contre l’un des piliers du pont de l’Alma. Depuis, de nombreuses pistes ont été explorées pour avoir le fin mot de l’histoire, Laurence Cossé a décidé d’utiliser l’une d’entre elles pour son dernier roman. La voiture de la princesse chérie des médias a heurté une fiat uno blanche avant de finir contre un pilier du pont de l’alma. On ne sait toujours pas qui était dans cette voiture et pourquoi cette personne n’a pas donné signe de vie depuis. Laurence Cossé imagine donc Louise Origan, dit Lou, au volant de cette voiture. Paniquée par cet accident, Lou ne s’arrête pas. Elle se laisse emporter par une paranoïa qui l’empêche d’avoir la réaction appropriée, surtout lorsqu’elle découvre qui était dans la voiture qui l’a heurtée. Au lieu de simplement aller à la police exposer les faits, elle s’enfonce dans une logique de culpabilité et d’angoisse qui va bouleverser son existence. Non assistance à personne en danger, intrusion du public et des paparazzi dans sa vie, culpabilité, son instinct de survie s’emballe et elle se lance dans le mensonge, dans la dissimulation vis-à-vis de son compagnon Yvon, de son employeuse Angela. Elle essaie de réparer en douce sa voiture et finalement est entraînée contre son gré dans un périple à l’issue duquel elle deviendra quelqu’un d’autre. Laurence Cossé livre une œuvre assez quelconque sur l’obsession et le changement d’identité. Elle prend appui sur un évènement public et une bonne idée de départ, mais s’enlise ensuite. Ses enchaînements sont assez improbables, ses surprises ou retournements de situation bâclés, les réactions de son personnage assez excessives. Il y a un défaut de crédibilité qui nuit réellement au livre. Il est difficile de ne pas être déçu quant au traitement des thèmes de l’identité, de la vie publique et privée, de la fuite loin de soi. Laurence Cossé ne les creuse pas vraiment, s’appuyant uniquement sur la fuite en avant dans la peur et l’obsession de son personnage. Logique ennuyeuse et épuisante par ailleurs pour le lecteur dans le mode monologue intérieur. Très décevant de la part de l’auteur du coin du voile.
Le coin du voile (++)
Quelques casuistes se trouvent en la possession de la révélation ultime faite par un prêtre laïc dans une extase : la preuve de l’existence de Dieu. Rien de moins que cela. Est-ce bien raisonnable de lâcher cette bombe atomique sur le monde ? Il faut bien se rendre compte de ce que veut dire cette preuve. C’est tout l’enjeu du livre. Avec beaucoup d’intelligence et d’humour froid, Laurence Cossé livre une réflexion pertinente et profonde sur la religion, Dieu, la croyance, notre monde. La preuve n’est qu’un alibi pour jeter un regard critique sur notre monde, ses priorités, ses hommes. Il y a de la distance et de l'humour dans ce roman qui ne se prend pas tant au sérieux que ça. Tant pis si le dénouement est couru d’avance et l’enchaînement rocambolesque, car là n’est pas l’essentiel. Intéressant et amusant.
Le mobilier national (+)
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Pourquoi Jean-Léger, directeur du patrimoine, issu de l’ENA, fonctionnaire zélé a t-il perdu la tête ? A cause des cathédrales bien sûr. Laurence Cossé raconte la lente descente aux enfers de son personnage. Il sombre progressivement dans la folie, obnubilé par la gabegie financière que génère l’entretien des cathédrales au détriment du reste du patrimoine. Quelle solution sinon l’élimination pure et simple des cathédrales superflues, laides ? Avec humour et dérision, l’auteur amuse surtout le lecteur avec une vraie question: la sauvegarde du patrimoine et son coût exorbitant. Cependant, il y a un quelque chose d’excessif dans l'absurde qui fait que le sujet, la réflexion, la critique s’effacent derrière la drôlerie, l’extravagance de l’aventure de Jean-Léger. C’est un peu dommage. Dans le coin du voile, la drôlerie appuyait le sujet, ici on a plutôt l’impression qu’elle l’efface. Peut-être par ce que le patrimoine est simplement un enjeu moins important que les croyances religieuses et tout ce que cela implique. Marrant parfois.
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