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Calaferte, Louis
Le requiem des innocents (++++)
Une enfance misérable dans un bidonville en bordure de Lyon. La pauvreté dans tout ce qu'elle a de plus inhumain, de cruel et d'insoutenable. Ici, il n'y a pas de place pour le misérabilisme mais pour le combat, c'est la jungle. Ce livre est beau de saleté, de crasse, touchant de violence, de méchanceté, vrai d'horreur et de misère. Louis Calaferte est sans concession avec son monde, avec lui et ses jeunes camarades. Sous nos yeux médusés, il déroule cette faune hétéroclite. Les portraits sont des pépites qui font battre le livre d'un amour fou de ces gens de rien. Le livre est dur et touchant à la fois, empreint d'un univers de la fange presque disparu sous nos latitudes occidentales. Pour ceux qui pourraient oublier l'existence de ce genre de monde, pour ceux qui essaierait de travestir, d'embellir ce genre d'existence, pour ceux qui aiment la littérature tendue, nerveuse et émouvante au bord du gouffre, il y a ce livre.
La mécanique des femmes (#)
Calaferte est ambitieux en souhaitant parler du désir des femmes. Il s’emploie dans une forme originale, un patchwork d’impressions, de pensées, de dialogues, de courts chapitres, de poésies, à évoquer le sexe au féminin. Il est direct, cru, parfois obscène, mais là n’est pas tant le problème car ce langage n’est pas étranger au sexe. La mécanique des femmes est un livre manqué parce qu’il n’échappe pas à des écueils fatals. A la lecture, on se rend d’abord compte que Calaferte ne parle que d’un certain type de femmes, effleurant parfois seulement la grande diversité des autres. Il rate donc le coche en se focalisant sur ces femmes nymphomanes, désespérées, prostituées ou troublées. Les pages tournent et on comprend que l’échec flagrant de Calaferte est de ne pas réussir à dépasser un abyssal ennui né de la répétition. Ce livre a les défauts du porno, après quelques scènes, on est lassé, épuisé par la banalité et les limites des ébats.
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