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Bukowski, Charles
Contes de la folie ordinaire (+)
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Ce qu’il y a d’incroyable et de fascinant dans les livres de Bukowski, c’est ce détachement total par rapport à ce qu’est la vie moderne. Charles Bukowski est passé à un moment de l’autre côté de la ligne qui semble définir la limite de la classe moyenne. D’une certaine façon, c’est un clochard, un marginal, un de ces êtres qui effraient le citoyen lambda lorsqu’il le croise dans la rue ou dans tout autre endroit que dans un livre. Il vit dans un autre monde. Pour cet écrivain américain, il n’y a de réalité hors de l’alcool, le sexe, la violence et pourquoi pas un peu d’écriture. C’est sa façon à lui, moqueuse et nihiliste de se moquer du monde et des hommes depuis là-bas, dans sa fange. Il jette à la face de tout un chacun, son langage ordurier, son univers glauque, ses histoires démentes et proclame indirectement la faillite de ce monde. Il y a parfois une poésie âpre et acide qui se dégage de ce livre, une sensation de dévastation intérieure totale due à une puissance déchue. Sacré personnage, pense t-on, même si finalement, cette répétition brute et pas toujours maîtrisée de sexe, de violence et de merde peut lasser, dans la mesure où Bukowski est assez répétitif, totalement mégalomaniaque. Il y a parfois un manque de qualités littéraires que peut compenser cet univers unique.
Les contes de la folie ordinaire (#)
A force, on finit par aimer le vieux Hank. Quel bonhomme horrible quand même ! Un personnage. On s’attache à ses pérégrinations même si elles se ressemblent assez. On rit de temps en temps, on reste estomaqué et souvent on n’arrive pas à tout gober. Mais ça n’a aucune importance, on suit quand même cette vieille loque et on lui pardonne beaucoup de répétition, beaucoup d’ennui, beaucoup de mégalomanie, beaucoup de faiblesses. On s’accroche à quelques bons moments, à quelques rares nouvelles réussies, autant qu’on veut, le grand mariage zen. De toutes les façons, Hank, c’est surtout un mythe fascinant, un style de vie et puis une grosse envie de nous retourner les tripes. Alors, la littérature dans tout ça…
Au sud de nulle part (+)
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Du sang, de l’alcool, de la merde, du sexe, voilà les ingrédients qui composent l’univers glauque du mythique écrivain américain. Son Amérique à lui a un sale visage raviné par le désespoir et l’abîme. L’errance destructrice est au cœur de cette œuvre acide. Il y a dans cette existence au plus profond de la fange, quelque chose de fascinant qui explique son immense succès. Pourtant à regarder de près, il y a beaucoup à redire à la lecture d’au sud de nulle part. Le langage ordurier et pathétique de l’auteur est en conformité avec son univers, donc les critiques ne portent pas tant sur ce vocabulaire et ce style qui peuvent déconcerter les amateurs de prose ciselée, raffinée et attirer les autres. Non, le problème avec Bukowski est sa mégalomanie obsessionnelle très vite lassante, surtout qu’elle s’enfonce dans le répétitif. Il y a bien quelques nouvelles remarquables – Maja Thurup ; Solitude ; Les tueurs ; Un boulot comme un autre – mais autrement on s’ennuie très vite avec les histoires du vieux Hank qui se ressemblent toutes un peu et finissent par lasser même si elles créent un personnage à l'aura et à l'expérience uniques, un univers totalement déjanté et spécifique. La vie de Bukowski, tout comme son desespoir face à l'existence sont mythiques et extraordinaires, malheureusement son œuvre romanesque l'est un peu moins. Il faudrait peut-être se l'avouer.
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