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Beigbeder, Frederic
Windows on the world (#)
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Le 11 septembre 2001, le World Trade Center, le Windows on the world, restaurant ultra-chic situé dans les hauteurs de la seconde tour. Nous sommes deux heures avant Ground Zero. David et ses deux enfants vont vivre l’horreur de l’intérieur. Le sujet est immense, il ne s'agit pas seulement de terrorisme ici, mais de tragédie, de tension, d'une épopée de la mort. Frédéric Beigbeder a au moins l’audace de s’y attaquer, mais il chute malheureusement. Passons sur les critiques qui ont évoqué la morbidité de l'auteur, elles sont ridicules et semblent relever du règlement de comptes. Le problème est qu'on attend une oeuvre forte, en idées ou/et en sentiments, profonde, plongée dans le coeur du drame, or il n’en est rien. L’auteur n’arrive pas à s’effacer derrière l’événement. Oui, Beigbeder est là à chauqe page, dans le personnage principal, mais aussi dans chaque phrase. Pourtant l’idée du livre n’est pas mauvaise : vivre chaque minute de cette incroyable apocalypse à partir de ce restaurant symbolique. Alors ? Il y a un défaut de crédibilité qui est redhibitoire. Dans les émotions, dans les réflexions, dans les situations. Rien ne passe, rien ne touche, rien ne reste. Beigbeder perce rapidement sous le héros et s’enferme dans quelques fausses bonnes idées et impressions qu'il est inutile de relever. Est-ce suffisant pour un tel sujet ? On n’arrive même pas à croire que le personnage principal et ses enfants sont à l’intérieur de la tour. Les bons mots, les éclairs de lucidité du narrateur ne cadrent pas toujours avec l’ampleur du sujet. L’événement s’enfuit, se dissout, sans être réellement appréhendé, approché. Ne reste plus que l’insoutenable légèreté de l’auteur. La meilleure critique du livre est de Beigbeder lui-même dans le livre, lorsqu'il imagine ce que serait ce sujet aux mains d’un grand romancier américain. Forcément autre chose que ces pages un peu justes.
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